Un couteau suisse se choisit moins sur la liste imprimée au dos de la boîte que sur la façon dont vos journées se déroulent. Celui d’un jardinier ne rend pas les mêmes services que celui d’un cycliste ou de quelqu’un qui passe ses semaines à un bureau. Le bon exercice consiste donc à repenser à votre semaine passée avant de regarder les modèles.
Le petit, celui qui ne vous quitte jamais
Le format porte-clés est celui qu’on sous-estime le plus. Il tient une lame courte, une paire de ciseaux et une lime, et il vit accroché à vos clés, ce qui veut dire qu’il est là sept jours sur sept sans que vous ayez rien décidé. Un couteau suisse de ce format ouvre le courrier, coupe l’étiquette d’un vêtement neuf et vient à bout du film plastique d’un colis. Les ciseaux servent bien plus souvent que la lame, et c’est souvent la surprise de la première semaine. Les plaquettes cachent en plus une pince à épiler et un cure-dents, deux outils qu’on oublie complètement jusqu’au jour où ils dépannent. Ce format ne remplace pas un modèle de poche, mais il est là quand l’autre est resté à la maison.
Au jardin, à vélo, au bureau
C’est ici que le choix se personnalise vraiment. Si vous jardinez, la petite scie vient à bout d’une branche de rosier plus proprement qu’un sécateur fatigué et l’alêne perce le cuir d’un gant ou la sangle d’un tuteur. Si vous roulez à vélo, c’est le tournevis qui sort le plus souvent, pour un garde-boue ou une sonnette qui se desserre. Si vous cuisinez souvent dehors, c’est l’ouvre-boîte qui sort le plus, et il travaille mieux tiré vers vous que poussé. Si vos journées se passent à un bureau,la lame et les ciseaux couvrent la plupart des besoins, et le reste ne fait qu’épaissir la poche. Chaque outil supplémentaire occupe une couche, et l’épaisseur se remarque chaque fois que vous glissez la main dans la poche.
Un mécanisme qui tient dans le temps
À l’arrivée du colis, ouvrez chaque outil à l’ongle, un par un, puis refermez-les. La résistance doit rester la même du premier au dernier, ni dure ni molle, avec le même claquement sec à la fermeture. Cette régularité vient des ressorts, et c’est elle qui sera encore là dans quinze ans. L’acier de la lame doit être inoxydable, parce qu’un couteau de poche croise l’humidité, les agrumes et la pluie. Choisir sur knivesandtools revient donc à choisir un mécanisme plutôt qu’une liste, et c’est le seul des deux qui ne se rattrape pas ensuite.
Une goutte, pas deux
Après un usage collant, rincez le couteau à l’eau tiède avec tous les outils sortis, puis laissez-le sécher ouvert une heure. Une goutte d’huile dans les axes une fois par mois garde l’ouverture souple, et une seule suffit, parce qu’une goutte de trop attire la poussière et finit par produire l’effet inverse. Les ciseaux ont leur propre axe et leur propre ressort, donc pensez à eux aussi. C’est tout ce que ce couteau réclame, et c’est peu au regard du nombre de fois où il sort dans une année.